J’ai cueilli ce brin de bruyere L’automne est morte souviens-t’en Nous ne nous verrons plus sur terre Odeur du temps brin de bruyere Et souviens-toi que je t’attends
J’ai eu le courage de regarder en arriere Les cadavres de mes jours
Que lentement passent les heures Comme passe un enterrement Tu pleureras l’heure ou tu pleures Qui passera trop vitement Comme passe toutes les heures.
Et toi mon coeur pourquoi bats-tu? Comme un guetteur melancolique J’observe la nuit et la mort
Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure
— L’Adieu, Guillaume Apollinaire